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Newsletter en Suisse : envoi conforme à la loi

Newsletter en Suisse : ce que prévoit l’art. 3 LCD, quand écrire à la clientèle sans consentement, comment gérer désinscription et protection des données.

Rédaction KMU | base – relu sur le fond par une spécialiste RH de l’équipe fondatrice, forte d’une expérience en fiduciaire et en révision

Par e-mailLinkedIn
Carnet et deux enveloppes brunes sur un bureau clair

Écrire une newsletter est vite fait ; savoir à qui l’envoyer est plus délicat. Qui envoie une newsletter en Suisse relève à la fois du droit de la concurrence et de celui de la protection des données : la loi fédérale contre la concurrence déloyale (LCD, UWG) règle les cas où la publicité de masse par voie de télécommunication est admise, la loi sur la protection des données (LPD, DSG) règle le traitement des adresses e-mail. Ce guide sur la newsletter en Suisse montre ce que dit la loi, ce qu’en disent les autorités, où s’arrête l’exception pour la clientèle et comment tenir proprement consentement et désinscription.

La règle : art. 3, al. 1, let. o, LCD

Selon l’art. 3, al. 1, let. o, LCD, agit de façon déloyale celui qui envoie ou fait envoyer, par voie de télécommunication, de la publicité de masse n’ayant aucun lien direct avec une information demandée et omet de requérir préalablement le consentement des clients, de mentionner correctement l’émetteur ou de les informer de leur droit à s’y opposer gratuitement et facilement. La loi énumère trois obligations reliées par « ou » : si l’une manque, la publicité est déloyale.

Trois notions méritent un regard plus précis :

  • Par voie de télécommunication signifie notamment par e-mail. Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT, EDÖB) le confirme aussi.
  • La publicité de masse n’est liée à aucun nombre. L’Office fédéral de la communication (OFCOM, BAKOM) indique qu’aucune limite chiffrée n’est fixée ; un envoi à plusieurs destinataires pourrait déjà suffire, et le tribunal tranche au cas par cas. Cette page date de 2019 : traitez tout envoi collectif comme de la publicité de masse.
  • L’information demandée : la loi exclut les envois qui ont un lien direct avec une information demandée. Qui réclame expressément une information et reçoit précisément celle-ci n’est pas concerné. La newsletter régulière n’est pas le contenu qu’une personne a demandé par une demande de prix. Partez par prudence du principe qu’elle n’en relève pas (interprétation, non texte de loi).

La loi parle de « clients » et ne distingue pas, dans son texte, adresses privées et professionnelles : prévoyez un consentement aussi pour les adresses d’entreprise.

Consentement : ce qu’il comprend

La LCD dit seulement « consentement » ; le PFPDT précise : la publicité par e-mail est possible si les personnes donnent leur consentement explicite avant d’être démarchées (opt-in). Il n’est valable que s’il est libre et éclairé, donc si la personne sait que son adresse servira à la publicité. Exemple cité : une case que la personne coche elle-même. L’acceptation de conditions générales ne suffit pas, et le consentement est révocable en tout temps.

La LPD complète à l’art. 6, al. 6 : lorsque le consentement est requis, la personne ne consent valablement que si elle exprime librement sa volonté concernant un ou plusieurs traitements déterminés et après avoir été dûment informée. Qui s’inscrit pour des « nouveautés » n’a donc pas automatiquement consenti à recevoir des e-mails d’offres : consignez la finalité.

Deux points ne figurent pas dans la loi mais relèvent de la pratique. D’abord, vous devriez pouvoir prouver le consentement (date, source, texte présenté) ; à défaut, vous en supportez les conséquences en cas de litige. Ensuite, une procédure de confirmation par e-mail (double opt-in) n’est pas prescrite par la loi, mais constitue une bonne preuve.

L’exception pour la clientèle

L’art. 3, al. 1, let. o, LCD contient une exception. Celui qui a obtenu les coordonnées de ses clients lors de la vente de marchandises, d’œuvres ou de prestations et leur a indiqué qu’ils pouvaient s’opposer à l’envoi de publicité de masse n’agit pas de façon déloyale s’il leur adresse une telle publicité sans leur consentement, pour autant que cette publicité concerne des marchandises, œuvres et prestations propres analogues. Toutes les conditions sont cumulatives :

  • L’adresse provient d’une vente à cette personne.
  • Vous avez indiqué dès la collecte la possibilité de refuser d’autres publicités.
  • La publicité concerne des offres propres et analogues.

Selon le PFPDT, l’exception ne vaut que si une vente ou une prestation de service a eu lieu ; la seule création d’un compte en ligne ne suffit pas. Qui détient des adresses de prospects, de visiteurs de salons ou de recherches ne peut pas s’en prévaloir.

Expéditeur et désinscription

L’émetteur doit être correctement indiqué. L’OFCOM exige qu’il ne soit ni caché ni falsifié. Utilisez le nom de votre entreprise, une adresse où l’on vous joint et des mentions légales complètes en pied de page.

L’opposition doit être possible simplement et gratuitement. Le PFPDT mentionne un moyen simple et gratuit, en principe un lien de désinscription ; selon l’OFCOM, qui clique dessus doit être retiré de la liste. Concrètement (pratique, non légal) : un clic, sans connexion ni justification, avec effet immédiat et pour toutes les newsletters de cet expéditeur. De nombreux programmes de messagerie affichent en outre leur propre bouton de désinscription si l’envoi y est préparé ; c’est un standard technique, non une obligation du droit suisse.

Protection des données : ce qui s’y ajoute

Les adresses e-mail de personnes physiques sont des données personnelles, car elles concernent une personne identifiée ou identifiable (art. 5, let. a, LPD). Une adresse comme prenom.nom@entreprise.ch en fait partie, une adresse générale comme info@entreprise.ch en principe pas, sauf si elle est attribuable à une personne déterminée, par exemple dans une entreprise individuelle (interprétation). Le PFPDT relève que la prospection par e-mail implique le traitement de données personnelles et que la LPD s’applique.

Trois tâches en découlent :

  1. Informer. Selon l’art. 19 LPD, vous communiquez lors de la collecte au moins votre identité et vos coordonnées, la finalité du traitement et, le cas échéant, les destinataires des données. En pratique, cela figure dans la déclaration de protection des données et le formulaire d’inscription.
  2. Respecter la finalité. Les données personnelles ne peuvent être collectées que pour une finalité déterminée et reconnaissable et traitées ensuite de manière compatible avec elle (art. 6, al. 3, LPD). Mentionnez dans la déclaration la mesure des ouvertures.
  3. Prendre l’opposition au sérieux. Constitue notamment une atteinte à la personnalité le fait de traiter des données personnelles contre la manifestation expresse de la volonté de la personne concernée (art. 30, al. 2, let. b, LPD). Qui se désinscrit ne doit plus recevoir de publicité.

Ce que risquent les contrevenants

Sur le plan civil, peut agir selon l’art. 9 LCD celui qui subit ou risque de subir une atteinte par concurrence déloyale, clients compris (art. 10, al. 1, LCD). Sur le plan pénal, l’art. 23, al. 1, LCD punit, sur plainte, la concurrence déloyale intentionnelle au sens de l’art. 3 d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire. Les personnes privées qui omettent intentionnellement d’informer selon l’art. 19 LPD encourent, sur plainte, une amende de CHF 250’000 au plus (art. 60, al. 1, let. b, LPD).

Les fournisseurs de services de télécommunication luttent aussi contre la publicité déloyale au sens de l’art. 3, al. 1, let. o, u et v, LCD (art. 45a, al. 1, loi sur les télécommunications, LTC, FMG). Le fournisseur qui apprend qu’un de ses clients envoie de la publicité déloyale par son réseau doit bloquer immédiatement l’envoi et peut exclure ce client de son réseau (art. 83, al. 4, ordonnance sur les services de télécommunication, OST, FDV). Selon le PFPDT, qui reçoit de la publicité illicite par e-mail peut déposer plainte auprès du SECO.

Exemple pratique : Muster Gartenbau AG

La Muster Gartenbau AG (fictive) veut annoncer ses offres d’hiver en novembre 2026. La liste « Clientèle région » compte 620 contacts avec le tag « Client ». Tous ne peuvent pas la recevoir. La sélection se calcule ainsi :

Étape de sélectionRetirésRestants
Correspondent aux conditions–620
Sans contacts bloqués8612
Sans contacts exclus4608
Avec adresse e-mail utilisable21587
Sans adresses désinscrites ou non délivrables17570
Avec base admise pour la finalité241329
Chaque adresse une seule fois9320

Sur 620 contacts, 320 reçoivent la newsletter. Les 241 contacts sans consentement restent à l’écart, bien que gérés comme clients. La direction a examiné l’exception pour la clientèle et renoncé à l’utiliser : pour beaucoup de ces adresses, elle ne peut pas prouver avoir signalé la possibilité de refus lors de la vente. Elle demande désormais l’inscription lors des entretiens de conseil et complète le formulaire d’offre (voir Rédiger une offre) par une case non précochée.

Après l’envoi, trois personnes se désinscrivent. Leurs adresses sont aussitôt bloquées ; la liste compte 317 adresses.

Checklist

  • Chaque adresse a un consentement avec date, source et finalité (ou l’exception pour la clientèle est examinée et documentée)
  • Consentement donné au préalable, librement et après information ; l’acceptation des CG ne compte pas
  • La finalité du consentement correspond au contenu
  • Expéditeur correct (nom de l’entreprise) ; en pratique, adresse postale et mentions légales en pied de page
  • Lien de désinscription dans chaque newsletter, un clic suffit, sans frais
  • Les désinscriptions agissent aussitôt et pour toutes les newsletters
  • La déclaration de protection des données nomme identité, finalité, destinataires et mesure des ouvertures
  • Retours et plaintes bloquent l’adresse
  • Aucune adresse achetée ou recherchée sans consentement
  • Les preuves sont disponibles en cas de demande

La solution KMU | base

Sales | base relie consentement, listes de diffusion et envoi. Il contrôle l’aspect technique ; que votre contenu, votre expéditeur et vos consentements suffisent juridiquement reste de votre responsabilité.

1. Saisir le consentement. Dans le menu Vente, ouvrez Contacts, puis le contact et l’onglet Marketing. Sous « Bases juridiques et blocages d’envoi », choisissez « Saisir une base » : adresse, finalité (par exemple newsletter), type de base, justificatif. Un consentement n’est valable qu’avec justificatif (quand, où, comment). Il vaut par adresse et par finalité ; les désinscriptions agissent aussitôt (« Consentement par adresse et par finalité, blocages, désinscription, révocation »).

2. Contrôler la politique d’envoi. Sous Marketing › Listes de diffusion, vous fixez dans la section « Politique d’envoi » quelles bases suffisent pour une finalité. Par défaut, seul le consentement prouvé compte. Relation client, inscription ou recherche ne valent pas consentement ; qui admet la relation client le confirme expressément et devrait documenter la base légale.

3. Constituer la liste. Vous choisissez les destinataires par tags ou critères (client, localité, secteur) et voyez, pendant la composition, combien de contacts correspondent et combien recevront la newsletter (« Listes de diffusion par critères avec compteur en direct »). C’est la base, non la sélection, qui décide si l’on peut faire de la publicité.

4. Concevoir la newsletter. Sous Marketing › Newsletters, vous composez le contenu à partir de titre, sous-titre, texte, image, bouton et ligne de séparation, et voyez le rendu à côté (« Newsletter par blocs avec aperçu en direct »). Le modèle ajoute automatiquement pied de page, mentions légales et lien de désinscription ; si nom d’expéditeur, mentions légales ou désinscription manquent, la section « Contrôles » le signale.

5. Valider et envoyer. Seul l’état validé part (« Validation liée au contenu, planification, pause/reprise/annulation »). Les destinataires sont figés au lancement (« Liste de diffusion comme expression de tags, nombre de destinataires figé au lancement ») et leur base est contrôlée de nouveau avant chaque envoi. Retours, plaintes et désinscriptions bloquent aussitôt l’adresse (« Envoi de masse de newsletters avec retours »).

6. Désinscription. Chaque newsletter contient en pied de page un lien de désinscription et prend en charge la désinscription en un clic des messageries (« Uniquement aux adresses avec consentement, désinscription en un clic »). Qui ouvre le lien confirme d’un clic sur la page de désinscription, qui vaut pour toutes les finalités de cette adresse. Désinscriptions, plaintes et demandes de suppression ne peuvent pas être levées.

Limites. Sales | base ne propose pas aujourd’hui de courriel de confirmation automatique (double opt-in) ; vous saisissez les consentements avec justificatif à la main ou les reprenez à l’import si date et source sont connues. Sales | base ne peut juger ni si un envoi relève de la « publicité de masse », ni si l’expéditeur est correct, ni si l’exception pour la clientèle s’applique.

Le guide de Sales | base décrit l’utilisation. Pour l’essayer vous-même, consultez la démo ou ouvrez un compte d’essai. En cas de questions, nous vous aidons via la page de contact. Les tarifs figurent sous Tarifs.

Sources

Ce guide ne remplace aucun conseil juridique ou fiscal. État des informations : 27.10.2026.

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